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Rater un concours, abandonner ses études en cours de route, ne pas réussir à décrocher un job ou un entretien, regretter ses choix de parcours, être en conflit avec sa hiérarchie ou ses collègues, ne pas se sentir à la hauteur au travail ou ne pas oser changer de job…autant d’expériences qui jalonnent les parcours académiques et professionnels et que l’on assimile souvent à des échecs.

On en parle parfois comme des « accidents de parcours », comme s’il s’agissait d’anomalies. En fait, ce type d’expériences, on est tous amenés à les vivre au cours de notre vie professionnelle. Elles font tout simplement partie inhérente de n’importe quel parcours, au même titre que nos réussites.

Sauf que, évidemment, on ne les considère pas de la même façon. Nos échecs, on a tendance à les dramatiser et à leur accorder plus d’importance que nos réussites. La culture française y est pour quelque chose puisque depuis l’école, on aime bien pointer les échecs du doigt.

Résultat: on a parfois du mal à surmonter ces expériences d’échec, à sortir de la dynamique négative dans laquelle ils nous entrainent, à aller de l’avant et et à en tirer les bons enseignements.

On ressent tous un éventail d’émotions similaires face au sentiment d’échec.

  • Sentiment d’impuissance : une impression de ne pas avoir de prise sur les évènements, qui entraine de la frustration, de l’incompréhension, voire un sentiment d’injustice.
  • Perte de confiance en soi : on a tendance à remettre en question ses capacités, à s’auto-dénigrer (on se dit qu’on est nul, médiocre, qu’on mérite ce qui nous arrive…)
  • Colère : on s’énerve contre soi-même lorsqu’on se considère responsable de la situation et/ou contre les autres
  • Découragement : lorsqu’on n’arrive pas à se sortir de la situation d’échec, on finit par se décourager, par baisser les bras. La lassitude va de pair avec une certaine apathie et “aquoibonisme”.
  • Peur : de se tromper, de ce que nous réserve l’avenir, de perdre ce qu’on a. L’échec peut être une grande source de stress, d’angoisse et d’insécurité.
  • Honte : on se sent humilié, rejeté, jugé par les autres et coupable de ne pas avoir su éviter la situation
  • Tristesse pouvant aller jusqu’à la dépression

Selon la situation vécue, on sera plus vulnérable à certaines émotions que d’autres. Un chômage qui dure par exemple entraîne souvent la perte de confiance en soi, le découragement et la honte; un licenciement a plus de risques de provoquer un sentiment d’injustice et une colère.

Ceci dit, même si les émotions ressenties sont souvent les mêmes, chacun vit l’échec différemment, en fonction de l’enjeu que représente la situation mais aussi de son attitude face aux évènements. Autant parfois on n’a pas de prise sur les événements, autant on en a beaucoup plus qu’on ne le croit sur la façon de prendre les choses.

Eh oui… considérer l’échec comme une expérience porteuse d’enseignement et de bonnes choses, c’est possible.

Voici quelques bonnes pratiques qui ressortent de notre soirée sur l’échec pour favoriser la résilience, mieux vivre ses échecs professionnels et rebondir plus vite

 

1. Accepter la situation

L’échec ne dépend pas toujours de nous. Certains échecs sont subis sans qu’on n’ait de réelle emprise sur la situation. C’est le cas, par exemple, d’un licenciement économique.
Et pourtant, même dans ces situations on a tendance à culpabiliser et à se rejeter la faute ou, à l’inverse, à se laisser envahir par le sentiment d’injustice.

Accepter la situation, c’est accueillir ses émotions et reconnaitre que les choses sont comme elles sont, qu’on n’a pas pu empêcher qu’elles arrivent mais qu’en revanche, on a le pouvoir d’agir sur la suite. C’est une première étape qui permet de passer plus facilement à autre chose.

2. Prendre du recul

Après un échec, une étape de « digestion » plus ou moins longue est toujours nécessaire pour pouvoir prendre du recul sur l’expérience vécue, et adopter une vision plus objective.

Vivre un échec est blessant et vexant. On est mis face à nos limites et à nos faiblesses, au point parfois de finir par se dévaloriser.

C’est important d’essayer de se détacher émotionnellement de son échec, et de lâcher prise pour pouvoir en tirer les bons enseignements. Certes, ce n’est pas une chose facile, mais on peut par exemple imaginer que c’est un ami qui est à notre place et se demander ce qu’on lui dirait, comment on percevrait sa situation, les éléments positifs qu’on soulignerait…

3. Analyser la situation

Certes, on a hâte de laisser l’échec derrière soi et on n’a pas toujours envie d’y repenser. Mais prendre un peu de temps pour analyser objectivement la situation est un bon moyen d’en tirer des leçons pour l’avenir et éviter de la revivre une autre fois.

L’idée n’est pas de retourner la situation dans sa tête à n’en plus finir mais de s’atteler à l’exercice une bonne fois pour toute pour ensuite mettre l’échec derrière soi.

  • Qu’est ce qui n’a pas fonctionné?
  • Qu’est ce qui a mené à l’échec?
  • Est-ce que je manquais de connaissances ou de compétences ? Ou de préparation ?
  • Est ce que j’ai voulu faire plaisir à quelqu’un et j’ai agi en dépit de mon envie ?
  • Est ce que le problème venait de la méthode utilisée qui n’était pas adaptée à la situation ?
  • Ou des objectifs que je m’étais fixés ?
  • Quelle est ma part de responsabilité ? Est ce que j’ai commis des erreurs ? Lesquelles ?
  • Au moment où j’aurais dû faire autrement en théorie, le pouvais-je en pratique ? Maintenant pourrais-je faire différemment ?
  • Est-ce que j’ai simplement manqué de chance ? Il s’agit simplement de reconnaitre ses torts mais pas de se culpabiliser.
  • Qu’est-ce que j’aurais pu faire pour éviter la situation ?
  • Si aujourd’hui les choses prenaient la même tournure, pourrais-je m’y prendre autrement ? Comment ?

4. Ne pas rester seul

Le risque après avoir vécu un échec est de ‘s’enfermer’ dans la situation sans réussir à en sortir. C’est d’autant plus difficile d’aller de l’avant si on ressasse sans cesse les mêmes pensées qui nous confortent dans notre état d’esprit négatif.

En parler avec des personnes extérieures à la situation peut être un vrai bol d’air et permettre de relativiser et de changer de regard sur ce qui s’est passé. Entourez-vous de personnes bienveillantes, trouvez des “alliés” pour vous soutenir et vous aider à avancer.

Discutez de la situation avec une personne de confiance: conjoint(e), amis, collègues…Leur regard peut vous aider à relativiser votre échec, à le percevoir différemment.

Comment eux voient-ils la situation ? Est-ce qu’ils la qualifieraient aussi d’un échec?

Soyez attentif à votre façon de raconter l’histoire. Quel type de vocabulaire employez-vous? Essayez d’adopter l’attitude du journaliste: concentrez-vous sur les faits, de la manière la plus neutre et “scientifique” possible.

5. Reprendre confiance en soi

Un des risques face à l’échec est de perdre confiance en son potentiel, en ses capacités ou en sa valeur, particulièrement lorsqu’on la situation dure. Or, commencer par aller bien aide à y voir plus clair pour la suite.

C’est important de ne pas se laisser emporter par la dévalorisation et de cultiver une certaine bienveillance envers soi-même. On est souvent le juge le plus sévère envers soi-même, on se dit parfois qu’en étant dur envers soi-même, on évitera d’échouer. En fait, ça ne fait que renforcer le problème. Encouragez-vous !

D’abord, évitez de généraliser. Ce n’est pas parce que vous avez une expérience ratée que vous êtes raté vous-même ou que vous raterez toutes les expériences à venir ! Simplement, dans cette situation et ces circonstances précises, ça n’a pas fonctionné. Souvenez-vous de toutes les fois où vous avez réussi par le passé.

Rappelez-vous que des échecs, on en vit tous et essayez de vous libérer du “qu’en-dira-t-on”, de vous émanciper du regard des autres.

Ensuite, pour relancer la machine, partez à la chasse aux expériences positives. Le principe est simple: se mettre dans des situations de plaisir et de réussite. Commencez une nouvelle activité qui vous fait envie, où consacrez un peu plus de temps à vos loisirs où aux choses qui vous apportent de l’énergie. Faites du sport, créez un projet personnel à côté, passez du temps avec des personnes qui vous boostent…

Vous pouvez aussi chercher à développer vos compétences à travers le bénévolat, la participation à des ateliers, des formations, des MOOC, la lecture de livres, etc.

6. Se recentrer sur soi

Après une expérience d’échec, c’est un bon moment pour se recentrer sur soi et mettre cette période de remise en question à profit.
Pour commencer, prenez du temps pour prendre soin de vous. Vous pouvez vous offrir quelques jours de vacances, faire un break, partir respirer en forêt…

Penchez-vous sur vous même pour apprendre à mieux vous connaitre et mieux vous accepter. Réfléchissez à vos qualités, faites le point sur vos succès passés, même les petites choses.

Ca vous permettra aussi de mieux parler de vous même, de vous présenter sous votre vrai visage, de trouver un fil rouge pour raconter votre histoire à des interlocuteurs qui seront du coup plus réceptifs.

7. Agir, aller de l’avant

Suite à un échec, on a parfois tendance à se laisser démoraliser et envahir par la passivité. C’est d’autant plus vrai si on a déjà tenté plusieurs choses pour sortir de la situation sans succès (par exemple, dans le cas d’un chômage de longue durée). Au bout d’un moment, on est tenté de baisser les bras.

On peut aussi se retrouver paralysé par la peur de revivre un échec qui nous conduit à ne plus oser tenter quoi que ce soit.

Le meilleur moyen pour retrouver l’envie et l’énergie est…d’agir.
Essayez de nouvelles choses, innovez dans vos actions pour surmonter la situation. Parfois, un “renouveau” peut être bénéfique: changer de décor, d’environnement, de relations, etc. Gardez une attitude proactive face aux opportunités.
Provoquez des rencontres intéressantes avec des professionnels de votre domaine ou d’autres domaines qui vous intéressent : participez à des meet up, des conférences…

Soyez à l’écoute de votre intuition. Quand on vit une situation d’échec, c’est parfois difficile de trouver le bon moment pour “changer”. On oscille entre persévérer pour tenter de “sauver” la situation ou passer à autre chose au risque de ne pas trouver mieux. Votre instinct est souvent un bon indicateur pour savoir quand agir et et par quoi commencer. Commencer petit, tester de petites choses sans grandes conséquences pour vous réhabituer à l’action.


Les échecs abritent les graines de nos réussites futures  — Françoise Kourilsky

Personne n’aime vraiment échouer. Mais si on considère ces expériences d’échec comme l’occasion de progresser, comme l’opportunité de démarrer quelque chose de nouveau, d’ajuster sa trajectoire, il est possible de vivre l’échec de façon plus positive.

Parce que l’échec a ses vertus. Il nous permet de nous remettre en question, d’adopter de nouveaux points de vue, d’emprunter d’autres routes, d’expérimenter, d’innover, d’apprendre. Il fait partie de tout processus d’apprentissage et ce tout au long de la vie. N’importe quel enfant apprend instinctivement à marcher en tombant et en se relevant.

Ce n’est qu’après coup qu’on sera capable de reconnaître ce qu’un échec nous a permis d’accomplir, en nous forçant à changer de direction ou à vivre d’autres expériences.
Le challenge, après un échec, est de surmonter cette phase d’entre deux pendant laquelle on ne voit pas toujours comment on va s’en sortir, tout en accueillant cette période de remise en question et de doute. Et ensuite rebondir ! Parce que le sentiment d’échec est un signal, qui nous informe que quelque chose doit changer, c’est l’opportunité de se réinventer et d’aller vers des choses nouvelles.

 

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