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Avant de faire quoi que ce soit, Peter Thiel nous conseille de toujours nous poser la question suivante : cela aura-t-il de la valeur dans le futur ?

Votre rémunération, votre place dans la hiérarchie, la reconnaissance de vos pairs, votre exposition publique… En bref, votre succès et la vie que vous allez mener dépendent étroitement de la valeur que vous apportez aux autres. Que vous souhaitez mener une vie de salarié ou d’indépendant.

Dans mon dernier article, j’explique comment la révolution numérique impacte nos vies concrètement. Distribution et accès à l’information, abaissement des barrières, intensification de la compétition entre individus et ouverture du champ des possibles : nous sommes tous touchés. Sans exceptions.

L’économie numérique modifie la manière dont nous apportons de la valeur aux gens.

Il est indispensable de comprendre comment et pourquoi si vous souhaitez sortir de la masse et avoir du succès.

La valeur dans l’ancien monde

Dans l’ancien monde, votre valeur dépendait essentiellement de 3 éléments :

  • Vos diplômes. Ils constituaient la preuve que vous déteniez un savoir que peu de monde possédaient. Plus votre diplôme était rare, plus votre valeur était importante. Plus de détails ici.
  • Le temps passé sur une tâche. Le travail de l’ancien monde était composé en grande partie de tâches répétitives et mécaniques : remplissez ces tableaux Excel, remplissez ce formulaire, plantez ce clou, faites ces calculs ect. Votre productivité était donc proportionnelle à la quantité de temps passée sur une tâche.
    Si vous étiez capables de remplir 20 formulaires en une heure, le seul moyen d’en remplir 100 était d’y passer 5 heures. Mécanique.
  • Votre réseau. Le fait d’appartenir à une bonne famille vous ouvrait pratiquement toutes les portes. Besoin d’un piston pour un entretien ? Pas de problème, papa passera quelques coups de fil.
    L’importance du réseau explique pourquoi ce ne sont pas toujours les meilleurs éléments qui grimpent dans la hiérarchie, mais plutôt ceux qui ont su faire de la politique et être ami avec les bonnes personnes.

Certains cabinets de conseil sont l’exemple parfaits des reliques de l’ancien monde : des gros horaires, une organisation pyramidale avec une hiérarchie forte et des diplômes qui occupent une place déterminante dans les choix de recrutements ainsi que dans les niveaux de rémunération (avec la fameuse grille salariale).

On vous promet de grimper dans la hiérarchie à condition que vous restez dans la norme et n’essayez pas d’être trop différent. On vous y vend le fameux mythe du haut dirigeant qui viendra vous chercher personnellement si vous faites du bon travail, sans vague. Mais cela n’arrive jamais. C’est un mythe créé dans le but de vous vendre de l’espoir. Pour vous rendre docile et vous faire passer l’idée qu’il existe une poignée « d’élus » au grand destin, et que tous les autres doivent se contenter d’une existence médiocre.

Bien entendu, ces 3 éléments restent importants aujourd’hui, en 2017. Mais leur valeur s’estompe progressivement sous le poids de l’économie numérique, avec notamment l’automatisation des tâches répétitives.

Nous ne sommes qu’au début de ce grand changement, mais les effets en sont déjà très visibles.

L’enjeu est de réussir à apporter de la valeur autrement.

La valeur dans le nouveau monde

Léonard De Vinci avait compris, il y a plus de 5 siècles, comment apporter de la valeur. Et sa technique est parfaitement applicable à l’ère d’Internet.

Nous sommes en 1482, Léonard De Vinci a 30 ans.

Il envoie une lettre à Ludovic Sforza qui était alors Duc de Milan, pour lui proposer ses services. Voici la lettre :

« Ayant très illustre Seigneur, vu et étudié les expériences de tous ceux qui se prétendent maîtres en l’art d’inventer des machines de guerre et ayant constaté que leurs machines ne diffèrent en rien de celles communément en usage, je m’appliquerai, sans vouloir faire injure à aucun, à révéler à Votre Excellence certains secrets qui me sont personnels, brièvement énumérés ici. J’ai un moyen de construire des ponts très légers et faciles à transporter, pour la poursuite de l’ennemi en fuite ; d’autres plus solides qui résistent au feu et à l’assaut, et aussi aisés à poser et à enlever. Je connais aussi des moyens de brûler et de détruire les ponts de l’ennemi. Dans le cas d’investissement d’une place, je sais comment chasser l’eau des fossés et faire des échelles d’escalade et autres instruments d’assaut. Si par sa hauteur et sa force, la place ne peut être bombardée, j’ai un moyen de miner toute forteresse dont les fondations ne sont pas en pierre. Je puis faire un canon facile à transporter qui lance des matières inflammables, causant un grand dommage et aussi grande terreur par la fumée. Au moyen de passages souterrains étroits et tortueux, creusés sans bruit, je peux faire passer une route sous des fossés et sous un fleuve. Je puis construire des voitures couvertes et indestructibles portant de l’artillerie et, qui ouvrant les rangs de l’ennemi, briseraient les troupes les plus solides. L’infanterie les suivrait sans difficulté. Je puis construire des canons, des mortiers, des engins à feu de forme pratique et différents de ceux en usage. Là où on ne peut se servir de canon, je puis le remplacer par des catapultes et des engins pour lancer des traits d’une efficacité étonnante et jusqu’ici inconnus. Enfin, quel que soit le cas, je puis trouver des moyens infinis pour l’attaque. S’il s’agit d’un combat naval, j’ai de nombreuses machines de la plus grande puissance pour l’attaque comme pour la défense : vaisseaux qui résistent au feu le plus vif, poudres et vapeurs. En temps de paix, je puis égaler, je crois, n’importe qui dans l’architecture, construire des monuments privés et publics, et conduire l’eau d’un endroit à l’autre. Je puis exécuter de la sculpture en marbre, bronze, terre cuite. En peinture, je puis faire ce que ferait un autre, quel qu’il puisse être. Et en outre, je m’engagerais à exécuter le cheval de bronze à la mémoire éternelle de votre père et de la Très Illustre Maison de Sforza. Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande en toute humilité. »

Léonard avait exactement compris comment apporter de la valeur. Il montre qu’il a compris les besoins du Duc et il apporte des solutions concrètes aux problèmes qu’il rencontre. Comment le Duc pouvait-t-il refuser son aide ?

C’est exactement la même chose aujourd’hui. La question à se poser est la suivante :

→ Résolvez-vous un problème, quel qu’il soit, de manière innovante ou originale pour les gens ?

L’exemple de De Vinci peut évidemment vous aider si vous souhaitez obtenir le job de vos rêves.

Mais il est également pertinent si vous souhaitez être indépendant et vivre de votre art. Votre valeur dépendra alors de votre capacité à capter l’attention des gens, à les faire passer du temps sur ce que vous faites, à les inspirer.

Une start-up ne réussit pas parce qu’elle a un bon business model ou un beau produit. Elle réussit parce qu’elle apporte de la valeur aux gens en leur résolvant un problème.

Par exemple, le succès de l’application de covoiturage de nuit, Heetch, s’explique par la solution efficace qu’elle apporte à un problème majeur : le désert du transport nocturne en banlieue parisienne.

La nouvelle économie d’Internet est centrée autour de l’individu. S’il n’est pas satisfait, il passera au service suivant, à la vidéo suivante, à l’article suivant ou à l’entreprise recruteuse suivante. L’offre étant tellement large, c’est lui qui possède le pouvoir de choisir.

Un bon produit/service se définit uniquement selon l’opinion de son marché et de ses clients.

Développer sa créativité

Le problème de ce nouveau monde, c’est qu’il n’y a plus de bonnes réponses. Il n’est écrit nulle part comment apporter concrètement de la valeur aux gens. il n’existe pas de formule magique permettant de résoudre des problèmes.

C’est un processus long et itératif qui fait appel à un concept flou et quasi-mystique : la créativité.

Être créatif est à la portée de tout le monde. Mais un certain nombre de mythes nous font penser le contraire :

  • Les activités créatives ne doivent uniquement être que des passe-temps : ce n’est pas « la réalité ». « L’art ne paiera pas vos factures ni votre loyer ».
  • S’adonner à des activités créatives demande forcément beaucoup de moyens financiers.
  • Pour avoir du succès dans son art, il faut forcément être dépressif / alcoolique / fou / génie.
  • Les artistes sont moqués et seuls.
  • Le monde du travail n’a pas été fait pour les personnes qui veulent faire de l’art.

Toutes ces pensées et mythes sont les fruits de notre éducation et de notre environnement direct. Les activités créatives sont assimilées à des rêveries d’adolescents en crise. Elles ne sont pas prises au sérieux.

Cela vient alimenter nos peurs et nos doutes, pour ne finalement jamais oser franchir le pas.

La créativité n’est en réalité rien d’autre que de la pratique délibérée et régulière d’une discipline. L’imagination n’est qu’une synthèse mentale d’idées nouvelles, faite à partir d’un mélange d’expériences passées.

La créativité se travaille et s’apprend.

« A discovery is said to be an accident meeting a prepared mind » — Albert Szent-Gyorgyi

Mais avoir des idées ne suffit pas. Il faut les faire vivre. Les rendre concrètes. Prendre des initiatives et faire des choses. FAIRE DES CHOSES

apporter de la valeur

On a trop souvent tendance à attendre d’avoir LA bonne idée avant de se lancer vraiment. Mais les bonnes idées viennent en chemin, et sont les fruits d’expériences répétées.

L’idée initiale des fondateurs d’Instagram n’était pas de faire un réseau social de partage de photos, mais une application de géolocalisation. S’ils ne s’étaient pas lancés, ils n’auraient jamais eu l’idée de pivoter leur idée initiale vers du partage de photos.

L’inspiration n’a pas de propriété divine, réservée uniquement à certains privilégiés. L’inspiration vient uniquement à ceux qui font des choses, aussi ridicules et minimes sont-elles.

L’inspiration vient à ceux qui ont compris que pour devenir, un jour, un bon artiste, il fallait d’abord accepter d’en être un mauvais.

Make Art

La seule solution pour se sortir de la masse est de créer des choses différentes. Seth Godin appelle ça, « faire de l’art ».

Ce n’est pas forcément faire de la peinture et ou de la sculpture.

Faire de l’art c’est s’approprier de nouveaux territoires, prendre des risques, sortir des sentiers battus, connecter des gens et des idées, travailler sans forcément savoir où l’on va, exprimer son opinion quand la bonne réponse n’existe pas, se rendre vulnérable. Remettre en cause le statut quo. Aller à contre-courant. Se rebeller. Créer un mouvement et regrouper des gens autour de valeurs communes.

Faire de l’art c’est l’essence de l’être humain. C’est faire quelque chose qui pourrait ne pas marcher, mais qui a l’ambition de rendre les choses meilleures : plus belles, mieux écrites, mieux racontées, mieux expliquées …

Faire de l’art c’est prendre le risque de se lancer dans un projet et de surmonter la barrière du doute.

« Créer des idées et les diffuser, relier ce qui est déconnecté : les 2 piliers de la nouvelle société dans laquelle nous vivons et qui exigent une posture d’artiste ». — Seth Godin

Notre monde n’a pas besoin de plus de cuisiniers qui exécutent les ordres avec discipline et perfection, il a besoin de chefs qui innovent, créent et bouleversent les normes.

Les possibilités sont infinies.

En matière d’art à l’ère d’Internet, un des exemples que j’affectionne particulièrement est celui de “Humans of New York”.

Brandon Stanton était trader dans la ville de Chicago. Il a quitté son job pour venir à New York avec un objectif : trouver quelque chose qui lui permettrait de gagner suffisamment d’argent pour faire ce qu’il aime. Le métier de trader lui permettait de bien gagner sa vie, mais il n’était pas heureux. L’artiste en lui n’était pas épanoui. Il ne rêvait pas de gloire ou de fortune, il voulait simplement vivre de ses passions. Et l’une d’entre elles, était la photo.

Il s’est alors engagé vis-à-vis de lui-même à prendre une photo par jour de personnes intéressantes. Et de poster ces photos sur Internet.

Brandon fait de l’art. Il ne sait pas forcément où il va. Il partage simplement des histoires et des idées inspirantes. Il connecte les êtres humains entre eux. Il se rend vulnérable en faisant les choses de manière différente.

Il s’était fixé l’objectif de prendre 10 000 photos. Il se disait qu’à la fin, il pourrait réussir à en vivre en revendant les portraits.

« Je me suis fixé un objectif énorme (10 000 photos) pour me forcer à travailler tous les jours. » Brandon Stanton

Sans s’en rendre compte, Brandon a lancé un véritable mouvement. « Humans of New York » a aujourd’hui 19 millions de like sur Facebook. Il en a écrit un livre. Et son travail sera adapté en série TV par Facebook.

Brandon n’avait pas de grande vision initiale. Il s’était simplement engagé à un produire un contenu tous les jours.

À rendre public son art. Encore et encore.