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Salut François, est-ce que tu pourrais te présenter ?

Salut Dennis, je m’appelle François Grante, j’ai 25 ans et suis entrepreneur. J’ai grandi à Paris puis ai étudié en école de commerce à Toulouse. J’ai commencé à gagner ma vie sur le web pendant ces années d’études et depuis, je n’ai jamais cessé d’entreprendre. Depuis un an maintenant, j’ai décidé de devenir digital nomad :  je bosse en ligne tout en voyageant en Asie du sud-est (Thaïlande, Malaisie, Vietnam et Cambodge). Je voyage avec un petit sac à dos et ne vis qu’en location courte durée ou hôtel.

Qu’est-ce qui t’a encouragé à opter pour ce style de vie ?

J’ai eu un double déclic il y a 6 ans, pendant mes années de classe prépa.

D’une part, j’ai commencé à apprendre à coder. Comme beaucoup de développeurs, j’ai appris par moi-même ou en fouillant toutes sortes de tutoriels et cours en ligne. J’ai toujours eu envie de créer des choses, mais savoir coder permet de passer à l’action. Alors j’ai commencé à lancer différents projets, ce qui m’a permis d’identifier des opportunités.

D’autre part, c’est aussi à ce moment que j’ai lu La Semaine de 4 heures de Tim Feriss. Ce livre m’a tellement plu que j‘étais sur le point d’arrêter mes études juste après l’avoir lu. Finalement, je les ai terminées et n’applique aujourd’hui qu’une partie des conseils développés dans le livre. Néanmoins, je garde et applique chaque jour l’idée selon moi la plus importante du livre : celle de lifestyle design.

Cela signifie remettre en question chacune des facettes de sa vie et les façonner comme on l’entend. Tout peut être repensé et soigneusement réfléchi : l’endroit où on habite, le travail, les hobbies, les affaires que l’on possède, les relations sociales, la gestion financière, l’alimentation, etc. Il est intéressant de voir que les autres nomades que j’ai croisés raisonnent eux aussi exactement de cette façon.

Quels sont les avantages et inconvénients de devenir digital nomad ?

Vivre nomade, c’est surtout une incroyable liberté car avoir peu d’attache géographique ouvre une infinité de styles de vie possibles. C’est même intimidant au début, car on n’a pas l’habitude de classer sa ville de résidence dans les choses qu’on choisit en toute liberté. Cependant, je pense qu’il est nécessaire de définir ce qu’on appelle « nomade ».

Pour moi, toute personne pouvant bosser d’où elle le souhaite peut se définir « nomade », sans pour autant changer de ville toutes les deux semaines. Personnellement je change de ville environ tous les deux mois, mais ce n’est pas une règle, je n’exclus pas de rester plus longtemps dans une ville qui me plaît vraiment.

Outre le fait qu’il faut bien entendu réussir à gagner sa vie indépendamment de son lieu de vie, vivre nomade n’est pas forcement adapté à tout le monde. Pour quelqu’un qui travaille beaucoup, cela demande une bonne capacité d’organisation et d’adaptation. Il faut être capable de rapidement trouver ses marques lorsqu’on arrive dans un lieu inconnu, et avoir la motivation pour garder un rythme de travail soutenu. Un autre point bloquant pour beaucoup, c’est la vie sociale. Plus on est mobile, plus on a des relations de courte durée.

devenir digital nomad

Que peux-tu nous raconter sur Email Hunter et tes autres projets ?

Quasiment tout le monde s’est déjà retrouvé en train de chercher un email pro sans savoir trop où et comment chercher. Email Hunter rend la tâche quasi-instantanée en recherchant parmi toutes les adresses emails qui peuvent être trouvées publiquement sur le web.

Cela sert beaucoup pour la vente, pour le recrutement, et plus généralement toute fonction en B2B. Nous avons lancé le service il y a un peu plus d’un an et le succès va bien au-delà de ce que nous espérions. Nous comptons déjà plus de 200 000 utilisateurs et des clients comme Google, Microsoft ou Oracle.

A titre plus personnel, j’aime bien lancer régulièrement des petits projets, rémunérateurs ou non. Je ne peux m’empêcher de lancer de nouvelles choses, mais comme je n’ai pas le temps de m’éparpiller je privilégie des idées où le rapport entre temps passé et résultat est maximal. Par exemple, j’avais rapidement hacké les réactions Facebook juste après leur sortie ce qui m’avais valu des articles dans Buzzfeed, Business Insider et autres.

Quels sont les plus gros défis que tu as dû relever dans le cadre du développement de ces projets ?

Il y a bien évidemment des challenges techniques desquels on apprend au fur et à mesure. Mais je crois que le plus gros challenge aujourd’hui est de construire l’équipe d’Email Hunter. Nous avons 2 employés (bientôt 3) et travaillons exclusivement à distance. Cela signifie pour nous à la fois acquérir des compétences managériales, et aussi construire quelque chose de différent d’une entreprise classique, où les employés peuvent être pleinement épanouis et trouver leur propre style de vie.

Qu’est-ce qui te pousse à te lever le matin et où puises-tu ton énergie ?

Ce n’est pas très difficile, j’adore mon travail. Le problème est d’ailleurs inverse : parfois je suis tellement excité en pensant à ce que je vais faire que je n’arrive pas à dormir le soir !

Quel est ton objectif personnel sur le long terme ?

Je pense conserver ce mode de vie, même s’il y aura sans doute un moment où j’aurais envie d’habiter quelque part plus longtemps. Email Hunter va continuer à croître rapidement et nous allons poursuivre notre mission de connecter les professionnels entre eux. Il est difficile de savoir ce que deviendra l’entreprise sur le long terme, mais je resterai entrepreneur quoi qu’il arrive.

3 choses que tu aimes par-dessus tout ?

  • Essayer toutes sortes de cafés et trouver les meilleurs endroits pour travailler. De ce point de vue là, Chiang Mai (Thaïlande) où je suis installé actuellement est parfaite !
  • Voir l’impact de ce sur quoi je travaille et la satisfaction des personnes qui utilisent ce que j’ai construit.
  • Rencontrer et apprendre d’autres entrepreneurs qui m’inspirent.

Une anecdote à nous partager ?

En Asie, il arrive parfois – je n’ai jamais trop compris pourquoi – que des touristes vous demandent de prendre une photo avec eux. Lors d’une visite en Malaisie, un homme prend sa compagne en photo et celle-ci commence à me dire quelque chose que je ne parviens pas à comprendre. Je crois donc qu’on attend de moi de poser à côté ; je me rapproche et esquisse un grand sourire. C’est quelques secondes après que je comprends qu’elle voulait en fait que je sorte du cadre.

Au delà de cette anecdote un peu embarrassante, vivre dans un pays culturellement très différent est quelque chose qui me passionne. On devient beaucoup plus perceptif et comprendre les codes culturels est un exercice extrêmement enrichissant.

Quels sont tes conseils pour les 18-25 ans ?

Je ne me sens pas forcement bien placé pour convaincre mes camarades qui font des choix de vie très différents. Mais pour ceux qui remettent en question leur parcours et veulent plus, je leur dirais de ne pas se contenter de ce qui leur est proposé. Avoir la vie que l’on souhaite est quelque chose de profondément actif. Personne ne viendra vous voir pour vous proposer la vie dont vous rêvez.

Cette période de votre vie est sans doute la plus importante : c’est à ce moment que toutes les voies sont encore ouvertes et que vous pouvez encore prendre tous les risques. Le job qui vous est offert à la sortie de votre formation peut être un cadeau empoisonné : est-ce vraiment ce que vous voulez faire ?