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Il y a une quinzaine d’années, Thomas Harrell, un professeur de psychologie appliquée à l’Université de Stanford a décidé d’étudier les anciens élèves diplômés d’un MBA, passés par son école, pour essayer d’analyser le parcours de ceux qui ont eu le plus de succès. Possèdent-ils des points communs qui permettraient d’expliquer leur succès ?

La première chose qu’il a découverte, c’est qu’il n’y a aucune corrélation entre les notes des élèves pendant leurs années à l’école et leur succès professionnel futur.

Il leur a trouvé un seul et unique trait commun. Ceux qui ont monté des business et qui ont grimpé rapidement dans la hiérarchie sont ceux qui ont la capacité à créer une conversation avec n’importe qui, dans n’importe quelle situation.

Inversement, dans le bestseller « Never Eat Alone », Keith Ferrazzi explique que l’incapacité à se créer des relations interpersonnelles est une des caractéristiques de la pauvreté.

« Poverty, I realized, wasn’t only a lack of financial ressources. It was isolation from the kind of people who could help you make more of yourself. » — Keith Ferrazzi

Il n’existe personne qui ne doit sa réussite qu’à lui-même : l’histoire du self-made-man qui se construit tout seul est un mythe.

Le self-made-man n’a pas pour autant écrasé et manipulé les autres pour arriver à ses fins. Il a simplement su recevoir l’aide des bonnes personnes, au bon moment.

Les autres sont indispensables à notre propre succès. Alors comment faire pour se bâtir un réseau exceptionnel et tirer le maximum de nos relations ?

De l’importance de bien s’entourer

Sans le réaliser, nous sommes influencés par notre environnement direct et tout ce qui nous entoure. Nos décisions, jugements et opinions sont influencés par la rue dans laquelle nous vivons, l’éducation que nous avons reçue, le journal que nous lisons le matin, l’école que nous avons fréquentée, etc.

Nous sommes beaucoup plus guidés par nos émotions et sujets à de nombreux biais mentaux que ce que l’on pourrait croire.

Dans “Outliers”, Malcolm Gladwell démontre brillamment que le succès d’une personne n’est jamais de son seul fait. Le succès est toujours le fruit d’un contexte et d’un environnement très particulier.

L’un des éléments de notre environnement personnel qui a le plus d’impact sur nous est les personnes de notre entourage. Selon un adage célèbre, nous sommes la moyenne des 5 personnes avec qui nous passons le plus de temps.

Lorsque l’on souhaite se différencier à l’ère de l’économie numérique, faire de l’art est indispensable … mais aussi difficile.

Nous sommes soumis à de nombreux doutes et notre volonté à faire des choses est variable. Il est important de ne pas passer trop de temps avec des gens qui amplifient nos doutes et qui remettent en question systématiquement la direction que l’on souhaite prendre.

Il ne s’agit pas de s’enfermer dans une bulle auto-centrée, avec des personnes qui voient toutes les choses de la même manière. Mais plutôt de passer un maximum de temps avec les personnes qui nous tirent vers le haut. Et avec lesquelles on partage des objectifs communs.

« We are the very products of the people and networks to which we are connected. Who you know determines who you are, how you feel, how you act, and what you achieve. » — Keith Ferrazzi

Pendant la Renaissance, l’éducation était organisée de manière à tirer le maximum des relations humaines et du pouvoir de l’entourage. Au sein de Botegas, les élèves de différentes classes âges étaient mélangés :

  • Ils passaient 1/3 de leur temps avec des élèves meilleurs qu’eux. Ceux-ci partageaient leurs expériences et leur donnaient des conseils pour les aider à progresser. Ils leur indiquaient les erreurs à ne pas commettre et les conseillaient dans leurs choix.
    Warren Buffet en a fait un de ses principes de vie fort et essaye constamment de trouver des mentors qui ont déjà accomplis ce que lui rêve de faire : « J’ai appris qu’il est bénéfique de passer du temps avec des gens meilleurs que vous, parce qu’ils vous tirent vers le haut ».
  • Ils passaient 1/3 de leur temps avec des élèves du même niveau qu’eux. De cette manière, une compétition s’installait et chacun poussait l’autre à se dépasser pour ne pas se faire décrocher.
  • Ils passaient 1/3 de leur temps avec des élèves d’un niveau inférieur.En étant eux-mêmes des mentors, ils étaient forcés à s’interroger sur ce qu’ils avaient appris, pour pouvoir le transmettre à leur tour.

Le système était conçu pour que chacun puisse tirer un maximum du groupe et des autres. Les élèves étaient en permanence dans une logique de partage et de progression. L’apprentissage était maximal.

Il est tout à fait possible de reproduire un tel écosystème d’apprentissage aujourd’hui et de se créer son propre système de mentorat. En trouvant des gens qui sont où nous souhaitons être, en trouvant des gens qui sont à notre niveau et qui veulent aller dans la même direction et des gens qui sont moins avancés, mais possèdent les mêmes objectifs.

« The fastest way to change yourself is to hang out with people who are already the way you want to be. » — Reid Hoffman

L’essence du Business

Le réseau d’une personne est un facteur important dans sa quête vers le succès et l’atteinte de ses objectifs. Pour une raison très simple : il ne s’agit toujours que d’hommes et de femmes. Une relation commerciale est une relation humaine entre deux personnes, qui en tirent un bénéfice mutuel.

Il y a quelques années, notre réseau était déterminé par qui nous étions à la naissance : la famille dans laquelle nous avons grandi, l’école que nous avons fréquenté et les relations de Papa.

Une transition est en train de s’opérer. Progressivement, nous entrons dans un monde où notre réseau se détermine par ce que nous faisons : nos accomplissements et nos centres d’intérêt.

Aujourd’hui, grâce à Internet, nous ne sommes qu’à 5 connections de la planète entière. Il nous est possible de se tisser d’immenses réseaux en créant et en rejoignant autant de groupes, de cercles et de clubs que l’on souhaite : un groupe Facebook pour les anciens de notre école, un groupe Slack rassemblant des personnes intéressées par ce que l’on fait, les événements qui nous intéressent via des groupes sur Eventbrite, des groupes de discussions sur WhatsApp etc.

Benjamin Franklin était un précurseur des groupes de pensée et d’entraide. À l’âge de 21 ans, il crée le Junto Club : un cercle qui regroupe les artisans et commerçants de la ville de Philadelphie avec pour objectif d’échanger sur des problématiques communes, de s’entraider et de chercher des bénéfices mutuels. Quelques années plus tard, Benjamin Franklin rejoint une version améliorée de ce club : les célèbres Francs-maçons. Au-delà de leur côté mystique, ces groupes ont une fonction simple et utile : rassembler des personnes d’intérêts communs pour pouvoir profiter de l’expérience et du réseau de chacun.

Il peut être tentant de s’enfermer tout seul, pour monter son projet dans son coin et d’attendre le dernier moment pour le dévoiler au monde, avec un lancement en grande pompe. Il est facile de rester dans sa zone de confort et de se dire que l’on n’a pas besoin des autres. Mais c’est contre productif et c’est l’exact opposé de ce qu’il est souhaitable de faire : se créer des alliances et se confronter au public, le plus rapidement possible.

En s’ouvrant aux autres et en allant rencontrer son marché, on obtient les retours des gens que l’on souhaite toucher : nos lecteurs potentiels si l’on écrit un livre, nos clients potentiels si l’on veut monter une startup ou notre public potentiel si l’on veut faire de la musique.

En dévoilant au monde nos objectifs, on attire les personnes qui en possèdent des similaires et avec lesquelles on peut créer des synergies gagnantes-gagnantes.

Nul ne possède de vérité absolue. Tout est toujours une question de point de vue sur le monde. Comment savoir ce que veulent les autres si on ne leur parle pas ? Cette question sert de base à la méthodologie Lean Startup. L’idée est d’intégrer les retours de ses utilisateurs potentiels pendant la phase de conception de son produit, de manière à avoir un produit qui colle le plus à leurs attentes.

S’appuyer sur les autres est d’autant plus essentiel dans un monde qui se complexifie à vitesse grand V et dans lequel il est impossible de tout savoir sur tout.

Soyez vulnérable

Se créer un réseau est important.

Cela ne veut pas dire pour autant que l’on doit se transformer en cliché du type qui écume les événements de networking dans le seul but de parler au plus de monde possible et d’agrandir sa collection de cartes de visite. Cela ne veut pas dire qu’on doit absolument se connecter avec un maximum de monde sur Linkedin ou Facebook.

 self-made man
La 5 000ème connexion Linkedin de Jean-François.

Le nombre de relations superficielles que l’on a, importe finalement assez peu. Un réseau solide est un réseau dans lequel la qualité des relations est beaucoup plus importante que le nombre.

Nous sommes constamment exposé à des vendeurs de tapis qui nous expliquent à quels points leurs produits sont exceptionnels et uniques.

On essaie constamment de mettre en avant ses propres forces et qualités. On essaie de renvoyer l’image la plus professionnelle possible. Sans vague ni zone d’ombre.

Et si c’était une erreur ? Et si, paradoxalement, le fait d’essayer de se vendre et d’avoir une image lisse s’avérait être contre-productif ?

Keith Ferrazzi explique que ce qui compte, ce sont les relations authentiques et sincères. Et que le seul moyen de bâtir de telles relations est de se rendre vulnérable. C’est uniquement en acceptant ses faiblesses et défauts, en affirmant ce qui nous rend humain et unique, que l’on parvient à créer des liens de confiances avec les autres.

Les imperfections créent de l’empathie et de la sincérité, les faux-semblants entraînent de la méfiance.

En bâtissant des relations honnêtes sans volonté d’en obtenir un gain immédiat, on plante des graines pour l’avenir et on se crée un réseau avant d’en avoir besoin. Ce qui est indispensable pour se faire aider au bon moment, par les bonnes personnes.

« You‘ve got to create a community of colleagues and friends before you need it. »
— Keith Ferrazzi