Cette semaine, on m’a posé ces deux questions :

→ Pourquoi lis-tu autant de livres sur l’entrepreneuriat et le développement personnel ?
→ Quel intérêt de lire ces livres, si tu ne mets rien en pratique ?

Je ne choisis pas un livre pour y découvrir un mode d’emploi en 10 étapes pour faire décoller un business ou pour devenir le prochain Elon Musk.

C’est plus profond que ça. Je m’acculture, je me nourris d’idées, de concepts et d’exemples.

Et ça tombe bien, je viens de terminer Linchpins, de l’incroyable Seth Godin. En (presque) trois mots, Seth Godin est un entrepreneur, marketeur et auteur américain à succès.

Ce n’est pas un énième livre de coaching pour être un gagnant et t’élever au-dessus de la société. Tu n’y trouveras pas de recettes miracles.

Linchpins explique et te montre qu’il est possible de penser différemment dans ton travail. Suivre simplement ce que ton manager te dit et appliquer les règles ne doit plus être la norme.

Une fois que l’on a ça, qu’est-ce qu’on fait ? L’idée est d’avoir une position où tu deviens indispensable, auprès de tes clients ou même au sein de ton entreprise.

Es-tu un super-héros ?

Rentrons un peu plus dans le détail.

Pour commencer, le mot “Linchpins” est plutôt technique et signifie pivot, socle.

De mon interprétation, je vois un linchpins comme quelqu’un d’indispensable au bon fonctionnement d’un projet, d’une entreprise.

Quelqu’un capable de se réinventer, de créer de nouvelles règles et de faire des choses au sens propre du terme.

Voici deux histoires qui illustrent bien ce que peut bien être un linchpin.

Un restaurant est contraint de fermer parce que son chef renommé décide de démissionner. Ou bien, une entreprise est en difficulté financière parce que ses meilleurs commerciaux sont partis chez des concurrents.

Dans ces deux-cas, on a affaire à des linchpins, des personnes qui ont su se rendre indispensable au quotidien.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont chacun a réussi à créer beaucoup plus de valeurs que leurs collègues.

Aujourd’hui, je pense que nous devons tendre vers ce genre de modèle. Tout le monde n’en sera pas capable, mais cela ne coûte rien d’essayer.

Si demain tu choisis un job où tout est dicté, tu perdras la chance de créer de la valeur, j’en suis convaincu. Et pour créer cette valeur, personne n’a besoin d’être un génie.

Pourtant, beaucoup se réfugient derrière des :

  • Je ne sais rien faire.
  • Je ne suis pas assez bon.
  • Je n’ai pas d’idées par où commencer.

Et je pourrai continuer à citer des dizaines d’excuses comme celles-ci.

It’s time to stop complying with the system and draw your own map ! — Seth Godin

“Sois attentif à l’école et tu trouveras un job”

Si l’on schématise grossièrement la situation aujourd’hui, cela donne ça.

Les usines du XXIe siècle ont besoin de travailleurs. Cela tombe bien, car tu es là. Tu viens de sortir d’école ou d’université, et si tu écoutes ton environnement, tu suis le mouvement sans te poser de question.

Il n’y pas besoin d’être brillant pour rentrer dans le moule.
Que se passe-t-il après ?

peur du changement

Tu rejoins une de ces nombreuses entreprises où le travail est plus qu’abstrait. La valeur que tu créée est proche de 0.

Mais après tout, de quoi te plains-tu ? Tu es bien payé, tu as des tickets restaurants à la fin du mois et la sécurité de l’emploi. Et tout a été pensé comme ça ; la société, l’école et les classements Fortunes 500 et autres.

Et en parlant d’école et d’éducation, rien n’a vraiment changé depuis le siècle dernier. On continue d’enseigner avec les mêmes méthodes, alors que les opportunités à la sortie sont bien différentes.

On apprend à faire comme tout le monde

Seth Godin parle à un moment de médiocrité. Il la retrouve partout.

Mais d’où provient cette médiocrité ?

Il dégage deux tendances :

→ L’école et le système dans un premier temps.
On pense que notre job est de suivre les instructions, de travailler dur, d’écouter son manager, et grâce à cela, nous serons récompensés. Sans vraiment se poser de question sur ce que nous faisons et créons.

→ La médiocrité vient aussi de nous.
Dis comme ça, c’est un peu violent, mais ne t’arrêtes pas à ça. Il nous parle de cette petite voix intérieure qui a peur. Elle préfère être en sécurité et dans la masse. C’est cette résistance qui nous empêche de tenter de nouvelles choses, d’oser.

Et on l’a tous en nous. Elle s’est trouvé une place de choix dans notre cerveau reptilien. Le but du jeu est de la laisser dans son coin, le plus souvent possible.

peur du changement

Ce schéma de Seth Godin ressemble presque à une pyramide de Maslow. Cette dernière étape est là où se trouve les linchpins.

Ils sont parfois à contre-courant d’un système où tout est planifié, contrôlé, mesuré. Mais tu recherches aussi la différence dans ton quotidien, non ?

Est-il possible de changer ?

Internet a bouleversé les choses en augmentant le niveau de compréhension et d’information de chacun. Tu es capable de diffuser tes idées et ce que tu sais beaucoup plus facilement.

Il est plus plus simple de créer un site de e-commerce aujourd’hui que d’avoir à acheter un magasin physique hier.

En revanche, la compétition est devenue plus difficile. Notre temps d’attention est de plus en plus limité. Et l’information médiocre est partout.

Yesterday’s remarkable is today’s really good and tomorrow’s mediocre. — Seth Godin

Je ne sais pas vraiment si devenir indispensable aujourd’hui est plus difficile qu’hier.

En revanche, tu ne deviendras pas indispensable en étant simplement différent. Personne ne naît vraiment avec un acquis ou un talent. Ce qu’il faut regarder, c’est le chemin à parcourir pour faire les choses différemment, et créer des projets qui te ressemblent.

Dis comme ça, ce n’est pas évident.

Mais il est sûr que si l’on veut un job où on ira plus loin que simplement suivre le cahier des charges, la méthodologie ne se trouve pas sur les bancs de l’école.

L’exemple évident est l’écosystème startup où certains secteurs sont totalement repensés. Mais il n’y a pas que ça. Je suis persuadé que tu peux réinventer ton travail dans un cadre un peu plus strict.

Pourquoi continuer de présenter le même powerpoint actualisé d’une année sur l’autre chez ton client ? C’est aussi en sortant des sentiers battus que l’on peut commencer à aimer son travail.

Nous aimons nous trouver des excuses

Je ne suis pas assez bon pour devenir indispensable.

C’est peut-être ce que tu te dis en lisant ces lignes. La réponse de Seth est claire : c’est surtout la peur ne pas être bon qui nous empêche de commencer.

Et en parlant de peur, repensons à ce dont on a parlé plus haut ; la résistance.

peur du changement

Cette peur de l’échec et la recherche du confort sont la préoccupation majeure de notre cerveau reptilien. On procrastine, et on rationalise.

Si l’on prend un dessinateur de bande dessiné. Avant de sortir une planche, il en a dessiné des dizaines. Et pourtant, nous n’en verrons qu’une seule. Avait-il peur d’échouer ? Bien sûr que oui, mais le déchet fait partie de la création.

Si tu savais le nombre d’articles que j’ai écrit et qui n’ont reçu que quelques dizaines de vues.

Le plus important est de partager ce que l’on fait. Oui, c’est cliché et tu l’as déjà entendu des dizaines de fois, mais c’est la seule manière d’arriver à devenir remarquable et indispensable.

Personne ne nous attend, et personne ne viendra nous prendre par la main.

Il faut que tu fasses, il faut que tu montres ce que tu sais faire. Ces projets sont ton nouveau CV, ta nouvelle carte de visite.

Tu incarnes ton travail.

Pour moi, l’art représente tout ce qui est créatif, passionnant et personnel. Lorsque tu es capable de mettre une intention dans n’importe quel projet, alors tu es toi aussi un artiste.

Un bon service client qui réussit à transformer un client mécontent en quelqu’un qui recommandera ton service, c’est de l’art.

Plus d’audace pour moins de résistance !

Dans certains de mes stages, j’avais toujours cette petite voix qui me disait de faire des bullets points dans mes slides, parce que mon manager préférait ça. Ou encore de ne pas écrire telle idée dans un rapport pour ne pas bousculer le client.

Mais je me rends compte avec le recul que ça ne servait à rien. Le résultat était standard et sans audace.

On a tous peur du changement.

peur du changement

Rappelle-toi le cerveau reptilien. Si nous l’écoutons trop, nous recherchons le confort et la sécurité. Le changement est par définition inconnu. Et l’inconnu est une potentielle source de danger pour notre cerveau. Alors, on ne fait rien.

Pour provoquer ce changement, je ne suis pas convaincu qu’il faille hustle à tout prix, comme certains nous le répètent. Tout le challenge est de faire plus, sur ce qui est vraiment important.

  • Tu es commercial ? Passe du temps à créer des interactions, à rencontrer des gens.
  • Tu veux devenir photographe ? Prends un maximum de photos, et partage-les. Ne perds pas ton temps à regarder ce que les autres font en permanence.
  • Tu es sensible à une cause ? Monte une association et créé du contenu pour en parler.
  • Tu veux travailler dans le milieu de la musique ? Trouve un angle et créé un mini média en ligne pour partager ce que tu connais.

La plupart du temps, lorsque je me lance dans une tâche ou dans un projet, j’aime bien me mettre une deadline. Cela permet d’avancer en ayant aussi un objectif.

Ecrire ces articles me permet de partager librement ce que je veux. Et je suis heureux de le faire !

Il est temps d’essayer

Ces trois cercles représentent les trois environnements dans lesquels ton travail est diffusé.

peur du changement
Seth Godin — Linchpins

Pour toucher ces trois cercles, il n’y pas de règles en 10 étapes ou de plan à suivre sur 15 jours.

Et ceux qui essayent de t’en vendre une sont des magiciens.
Il faut juste commencer petit et surtout, CRÉER, OSER et SURPRENDRE.

Comment interagir avec ton environnement ?

Les interactions sont la plupart du temps binaires.

peur du changement

Tu as une tâche à faire, tu la fais, puis tu es payé. Mais si tu veux te faire remarquer, tu devras donner aux gens ce qu’ils n’attendent pas.

Certains appellent ça l’over-delivery. L’objectif est de donner encore plus que ce qui t’es demandé, pour te faire remarquer.

“N’arrête jamais de faire ce que tu fais”

J’ai souvent raté, et j’échouerai encore.

Dans cette société de l’immédiateté, il faudra accepter de ne pas réussir du premier coup.

Certains y arriveront plus facilement que toi.

Mais lorsque tu choisis de lancer un projet, donne-toi les moyens d’aller jusqu’au bout.

L’exemple de Nuseir Yassin, plus connu aujourd’hui sous le nom de Nas, est parlant.

Il y a deux ans, il était frustré de sa vie et de son job. Ce qu’il aime, c’est voyager, rencontrer des gens et faire des vidéos. Du jour au lendemain, il quitte son boulot et part au Kenya.

Il crée chaque jour une vidéo d’une minute, postée sur Facebook. Mais au début, personne ne le suit.

Tout le monde lui dit que c’est une mauvaise idée, que Facebook n’est pas fait pour ça et qu’il ne sait pas faire de vidéo.

Ces gens avaient raison. Il n’y avait pas de storytelling, les vidéos n’étaient pas incroyables. Il a voulu laisser tomber plusieurs fois. Et pourtant, il a continué à produire une vidéo par jour, en s’améliorant, vidéo après vidéo.

Le 270ème jour est un déclic. Sa vidéo sur la Thaïlande devient virale, et les gens commencent à s’intéresser à ce qu’il fait.

Aujourd’hui, il comptabilise plus d’un milliard de vues sur ses vidéos.

Encore une fois, cet exemple est là pour illustrer que la réussite n’arrive pas comme ça du jour au lendemain.

Résilience et persévérance sont nos meilleurs compagnons pour devenir demain, indispensable.

Alors, tu te lances ?