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Salut Caroline, est-ce que tu pourrais te présenter ?

Salut Pierre, je m’appelle Caroline Delboy, j’ai 29 ans et je suis Happy Team Leader chez MakeSense. J’ai fait mes études à l’ESCP Europe et j’en garde de très bons souvenirs, essentiellement de par mes expériences associatives et mes années d’études sur des campus à l’étranger. J’ai ensuite travaillé dans les médias, quelque temps chez Canal + puis dans la régie publicitaire d’un site d’e-cards. Je savais que je ne me destinais pas à faire une carrière dans ce secteur et ce métier mais j’apprenais énormément je n’avais pas encore trouvé ma vocation ni ce qui me motivait vraiment dans ma vie et mon parcours pro. Je l’ai trouvée en rejoignant MakeSense, il y a maintenant 4 ans.

Justement, est-ce que tu peux nous en dire plus sur Makesense ?

Chez MakeSense, notre mission est de montrer que n’importe quel citoyen peut s’engager sur une cause qui le touche en aidant des entrepreneurs sociaux qui agissent sur cette cause (accès à l’éducation, réduction des déchets, …). N’importe où dans le monde, quel que soit ton âge, ton métier, tes origines, tu peux à ton échelle avoir un impact et t’impliquer sur une ou plusieurs problématiques  de société qui t’interpellent.

Depuis la création de MakeSense en 2011, nous avons fait grandir une communauté de bénévoles (les gangsters) qui s’impliquent au quotidien en organisant de nombreux événements pour mettre en avant les entrepreneurs sociaux de leur territoire et les aider à résoudre des défis lors d’atelier de créativité (les hold ups).

Nous avons également développé des expertises et activités qui permettent d’aller encore plus loin dans notre mission et de générer plus d’impact positif sur les entrepreneurs sociaux et la mobilisation citoyenne :  programme d’accélération (le SenseCube, présent en France, au Mexique et à Dakar), de création de contenu (Stories), de conseil (CommonSense) et des activités de formation, avec SenseSchool que j’ai co-fondé il y a 4 ans et qui pour but de former les citoyens de demain à être plus créatifs et innovants en résolvant des défis socio-environnementaux.

“Nous pensons que ces entrepreneurs qui ont un impact sont une partie de la solution de demain et nous croyons au pouvoir de l’engagement citoyen. Il n’a jamais été aussi simple et enthousiasmant de s’engager.”


s'engager dans une startup sociale


Du monde des médias à une startup sociale, comment cela s’est-il passé ?

Il y a 4 ans, une de mes amies, Leila qui est la co-fondatrice de Makesense, m’a invitée à participer à un Hold up. Cela m’a plu alors quelques semaines plus tard je suis allée assister à un SenseCamp (barcamp organisé par la communauté locale) à Berlin. Je suis littéralement tombée amoureuse du concept, de l’énergie, des projets et des porteurs de projets.

Le lundi matin, dur retour à la réalité ! Mon esprit était encore chamboulé par l’expérience que je venais de vivre. J’ai donc décidé de m’investir en tant que bénévole en organisant moi-même mes propres ateliers de résolution de défi pour aider des entrepreneurs sociaux et en organisant avec des amis des événements culinaires de sensibilisation au gaspillage alimentaire, les Disco Soupe. Après 6 mois, mon engagement bénévole étant devenu de plus en plus important dans ma vie, la prochaine étape est apparue comme évidente. J’ai décidé de démissionner pour rejoindre Marine et développer à ses côtés  la branche pédagogique de MakeSense (SenseSchool). Depuis 2012, nous avons monté de nombreux programmes pédagogiques, dans des universités et des écoles en France et partout dans le monde.

Depuis quelques mois mon rôle a évolué au sein de MakeSense : je m’occupe à présent du développement des équipes en interne. Mon objectif est de faire grandir personnellement et collectivement tous les membres de MakeSense. Nous sommes passés d’une petite bande de 5 copains en 2012 à 65 personnes aujourd’hui qui travaillent à plein temps dans MakeSense à Paris mais aussi à Dakar, au Mexique, au Liban, aux Philippines et à Hong-Kong. Il y a un réel besoin d’accompagner cette croissance en interne.


Happy Team Leader au jour le jour, ça ressemble à quoi ?

C’est génial ! J’ai la responsabilité de faciliter le recrutement des personnes talentueuses qui partagent la même vision, la même mission et les mêmes valeurs pour faire grandir nos projets.

Ensuite, je soutiens l’accompagnement et le développement des personnes de l’équipe, via des formations, l’identification les leviers de motivation et les actions à mettre en place pour leur donner envie de continuer à faire grandir un projet dans le temps.

“La première richesse d’un projet, c’est les personnes qui le composent”

Nous avons une réelle volonté d’être agiles et de mettre nos membres en capacité d’autonomie et de responsabilité. A partir du moment où tu as compris ta mission, ses contours, les résultats attendus et que tu es aligné avec ton équipe, tu es libre de t’organiser à ton rythme et avec ta façon de faire.

Nous laissons une large liberté à nos équipes mais liberté ne va pas sans le sens des responsabilités.  La plupart de nos membres ont un profil entrepreneur, ils n’ont pas peur de l’inconnu et du risque, ils adorent créer de nouvelles choses et ne sont pas en attente de cadre sclérosant ou de hiérarchie.

Chez MakeSense, nous portons une attention toute particulière à la culture de l’organisation et faisons tout pour créer les conditions permettant à chaque équipe, quelque soit son métier ou sa situation géographique, de sen sentir naviguer dans le même bateau. Aujourd’hui, nous sommes une organisation internationale avec des équipes dans le monde entier et ça va aller en grandissant. Nous avons pour objectif d’ouvrir d’autres antennes dans les prochains mois. Une de mes missions est donc de m’assurer que n’importe où dans le monde, malgré la distance, nous allions tous dans la même direction et que l’on prenne du plaisir à collaborer et à travailler ensemble au quotidien.


De bénévole à salarié, comment ça s’est passé ?

Ce qui est génial chez MakeSense c’est qu’il est possible de créer son métier et son rôle. Il y a 4 ans par exemple, Marine qui était encore étudiante, s’est rendue compte qu’il y avait des opportunités d’enrichir les formations actuelles et a proposé de lancer MakeSense dans les écoles. Christian, le co-fondateur, l’a encouragée à tester cette idée en réfléchissant à un modèle économique viable afin de pérenniser le projet.

Les premières personnes qui ont rejoint MakeSense à temps plein étaient donc des entrepreneurs qui avaient pour mission de développer des activités business qui permettraient de toucher une plus large audience et accroître l’impact de MakeSense.

L’état d’esprit et la vision étaient simples :

“Si vous pensez que c’est intelligent, que ça a du sens et que ça va faire grandir l’impact de MakeSense, allez-y, testez ! Ce n’est pas sûr que ça marche, mais on va tout faire pour.”

En interne, nous avons des rôles, on ne rejoint pas un métier mais un projet. Dans ta mission, tu vas pouvoir dire dans quel domaine tu es le plus à l’aise, comment tu veux évoluer. Il est possible d’avoir plusieurs casquettes : nous souhaitons laisser l’opportunité aux membres d’aller où ils sont bons, où ils souhaitent apprendre et là où ça apporte de la valeur à l’organisation.

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Est-ce possible d’être bien rémunéré quand on travaille dans une start-up sociale ?

L’objectif est de pouvoir permettre aux membres de vivre de cette passion, en proposant des salaires corrects qui vont pouvoir évoluer dans le temps.

Dans une startup sociale, ce n’est pas évident d’être aligné sur les salaires du marché. Quand on vient chez Makesense, le salaire c’est important bien sûr, mais ce n’est pas la première motivation. Nous avons plein d’autres choses à offrir : la mission et l’impact, travailler sur ce qu’on aime, se former en continu, être connecté avec une communauté incroyable de citoyens engagés et de porteurs de projet, voyager, etc…


Quelle est la cause qui te tient le plus à coeur ?

J’ai beaucoup de causes qui me parlent, mais je me suis beaucoup investie sur celle du gaspillage alimentaire. Un tiers de la nourriture consommable est jetée alors qu’il y a plus d’1 milliard d’êtres humains qui n’ont pas de quoi se nourrir et une autre partie qui est obèse. Cela n’a pas de sens et de nombreux entrepreneurs sociaux ont créé des projets innovants pour prévenir ou réduire ce gaspillage à toutes les étapes de la chaîne alimentaire !

C’est ça la magie de MakeSense : tu peux t’investir sur tous tes centres d’intérêt : en 2 semaines tu peux contribuer à 3 projets dans 3 secteurs différents avec 3 problématique différentes.

Je suis étudiant, comment je peux m’impliquer ?

Le premier pas c’est de se connecter à la communauté de sa ville, en général il y a un groupe Facebook par ville. Tu peux regarder s’il y a des ateliers ou des événements à venir. Il y a des SenseDrinks, des apéros informels pour rencontrer des membres de la communauté autour d’un verre et discuter des projets. Il y a aussi des hold-ups, des ateliers de créativité : un entrepreneur social vient présenter son projet un soir après le boulot et te demande 2 heures de ton temps avec d’autres bénévoles pour lui apporter des solutions.

Tu peux aussi te connecter sur MakeSense, regarder les projets qui t’intéressent et directement donner des feedbacks et des conseils en ligne.

C’est une forme jeune et décomplexée du bénévolat, tu t’impliques quand tu veux, où tu veux et sur la ou les causes qui te parlent.


Quels conseils aimerais-tu donner à la génération Y ?

On est dans une période de régénérescence, où l’on questionne le modèle actuel pour créer celui de demain. Mon conseil serait de ne pas voir le verre à moitié vide mais à moitié plein. Certes vous n’arrivez pas sur le marché du travail dans un contexte économique favorable de plein emploi.  Mais vous avez quartier libre pour créer la société et le travail de demain, tout est à construire !

Commencez par comprendre quelles sont vos envies, vos passions, dans quel environnement professionnel vous vous sentez à l’aise. Ensuite soyez curieux, provoquez des rencontres, participez à des événements. Vous finirez par trouver un projet ou une opportunité qui vous correspond.

Peut-être que cela ne vous correspondra qu’un ou deux ans, mais ce n’est pas grave car vous pourrez réinventer votre job autant de fois que vous le souhaitez !

Aujourd’hui il y a un environnement hyper fertile pour créer des choses dans le temps. Si vous voulez trouver votre voie, cela demande parfois de ne pas trop se poser de questions et de juste tenter l’aventure !

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