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Salut Jean-Charles, est-ce que tu pourrais te présenter et nous parler de ton parcours ?

Salut Dennis, je m’appelle Jean-Charles Varlet, j’ai 25 ans et je suis originaire du Nord-Pas-De-Calais où j’ai grandi dans un milieu modeste. Quand j’étais plus jeune, les cours ne m’intéressaient pas du tout, j’étais souvent dans les derniers de la classe. Je pense que c’est important de travailler parallèlement à ses études, de développer des projets perso ou créer de nouvelles choses. A 12 ans j’assemblais des ordinateurs hyper puissants et les revendais à mes proches pour me faire de l’argent de poche. Puis vers 14 ans j’ai monté un site de téléchargement qui rassemblait quelques années plus tard plus de 100 000 utilisateurs. Mais j’ai depuis fermé ce site car c’était complètement illégal.

J’étais si peu intéressé par l’école que j’ai été renvoyé de trois établissements scolaires depuis le collège. Je me considère plutôt comme un créatif et surtout un auto-didacte. Depuis très jeune j’ai des carnets à idées que je remplis régulièrement avec des concepts business qui me passent par la tête.

Puis j’ai eu un déclic, juste avant de faire le choix de rentrer en classe prépa. J’ai réalisé que pour entreprendre l’une des choses les plus importantes à avoir serait le réseau. Et que meilleure serait mon école, meilleur serait mon réseau. Du jour au lendemain, je me suis mis à travailler, et mes notes ont grimpé jusqu’à ce que je devienne major de promo à plusieurs reprises. C’est grâce à ce déclic que j’ai pu intégrer l’ESSEC en 2014.

Au bout d’un an à l’ESSEC j’ai co-fondé Crème de la Crème avec mon pote d’enfance. Et au bout de 2 ans je suis parti sans même être diplômé. Oui, je me suis donné la peine d’avoir une excellente école pour la quitter avant d’en obtenir le diplôme. Crème de la Crème a grandi très vite et mes responsabilités ne me permettaient plus d’aller en cours. On ne peut pas avoir l’ambition de  développer un projet de grande envergure sans s’y consacrer à 200%.

Mais en aucun cas je ne regrette d’avoir travaillé dur pour obtenir une grande école. Jamais je n’aurais pu lancer ma boîte sans le réseau acquis en chemin. Et une bonne école m’a aussi donné beaucoup de crédibilité auprès de partenaires ou d’investisseurs.

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Les Grandes Ecoles sont la voie royale pour intégrer les plus grosses entreprises. Pourquoi ne pas avoir suivi ce chemin ?

Certes. En fait je ne comprends pas les personnes qui refusent d’entreprendre sous prétexte que leur école leur offre les grandes entreprises sur un plateau d’argent. Être dans une bonne école c’est également la voie royale pour entreprendre. Cependant, en intégrant l’ESSEC je pensais intégrer le paradis de l’entrepreneuriat. Je pensais que les idées fuseraient et que l’innovation s’inscrirait dans le cadre de nos cours. Mais loin de là. Nos cours étaient ennuyeux, je ne stimulais plus ma créativité, j’étais en décalage complet.

En 1ère année je séchais les cours pour monter une appli mobile avec un ami et j’ai vite compris que l’école ne nous soutiendrait pas. Peu importe le projet que nous développions, l’essentiel pour l’administration était d’assister aux cours. Avec le recul j’aurais vraiment apprécié obtenir un peu plus de souplesse et de compréhension de leur part.

Le réseau est ce qu’il y a de plus important et ceux des écoles de commerce sont incroyables. Que tu cherches un contact, un job ou que tu sois dans une situation difficile, tu trouveras un Alumni prêt à t’aider où que tu sois dans le monde. Ça n’a pas de prix.

Tu peux nous parler un peu de Crème de la Crème ?

Crème de la Crème est aujourd’hui la 1ère plateforme dans le monde permettant aux entreprises de faire appel aux compétences des meilleurs étudiants. J’ai lancé la plateforme il y a maintenant 1 an et demi avec mes associés et amis Théo Dorp et Romain Abidonn. Aujourd’hui nous sommes une équipe de 12 personnes et comptons plus de 10 000 étudiants inscrits.

Nous venons d’entamer notre développement international en commençant par le Royaume Uni. Un peu comme Facebook, nous nous développons campus par campus. En 1 jour, nous comptons déjà 150 inscrits à Oxford University.

Notre vision est de rendre accessible le talent à l’état brut qui émane des nouvelles générations et de le mettre au service de l’économie réelle. Nous avons levé 350 000€ auprès d’investisseurs privés et d’ESSEC Ventures pour nous développer en France et soutenir l’internationalisation.

Comment est-ce que cela fonctionne ?

Les clients déposent leurs besoins en ligne, les étudiants postulent pour réaliser la mission et réalisent un devis. Puis les clients notent et recommandent les étudiants. C’est une marketplace tout à fait classique à l’exception que notre équipe s’assure du bon déroulement de chaque projet déposé, que ce soit en conseillant le client ou l’étudiant.

Les étudiants inscrits sur Crème de la Crème viennent des meilleures formations et sont compétents sur une variété incroyable de sujets. Quelle que soit la demande, nous garantissons d’avoir un étudiant compétent pour y répondre. Les missions peuvent durer de 1h à plusieurs mois en fonction de la charge de travail.

Paradoxalement les étudiants ne savent parfois pas comment créer leur statut auto entrepreneur ou comment déclarer leurs charges. C’est pourquoi nous avons développer  en interne un pôle « Student Success » afin de former les étudiants à toutes ces démarches. Nous les formons également aux pratiques commerciales à adopter avec leur client. Notre guide « comment devenir auto-entrepreneur en 5 minutes » a même été relayée sur la page Facebook du Ministère de l’éducation.

levée de fonds


Comment Crème de la Crè
me se différencie des Junior-Entreprises, qui sont pour certaines très reconnues en France et à l’international ?

La vision des Junior-Entreprises et la nôtre sont différentes. Une Junior-Entreprise est une association étudiante. Ils réalisent des études pour des entreprises locales la plupart du temps, internationales parfois. On y apprend à travailler en équipe, à manager, c’est une bonne école.

Le modèle de Crème de la Crème peut s’apparenter à celui des Junior-Entreprises. Mais il  se différencie tant par sa vision que par son fonctionnement qui vise à centraliser sur une plateforme en ligne les étudiants de toutes les formations ainsi que toutes les entreprises. Le tout en apportant une série de fonctionnalités technologiques indispensables à la gestion de projet en ligne. Tout peut désormais se faire à distance. Aujourd’hui un étudiant français ou américain peut désormais réaliser une mission pour une entreprise asiatique depuis sa chambre.

L’autre différence est que chez « Crème » chaque étudiant est autonome sur un travail ponctuel, il est freelance et gère le projet de son client de A à Z. Il est noté, a une réputation en ligne, et son client peut facilement avoir accès à l’historique de ses missions. Tout est transparent. Ce qui est différent du travail quotidien d’une Junior-Entreprise.

Que représente l’internationalisation pour toi ?

L’internationalisation fait partie intégrante de notre vision : rendre accessible au monde entier les compétences des meilleurs talents. Je veux que nos étudiants puissent travailler pour des clients partout dans le monde et enrichir leurs expériences. En 2016 les étudiants ne doivent plus être livreurs, nourrices ou distributeurs de flyers, ils ont des compétences et une vision très recherchées par les entreprises, donc il était grand temps de les mettre en relation.

Je pense qu’il manquait simplement un service pour appliquer dans l’économie réelle le savoir et les compétences des jeunes générations, qu’importe leur situation géographique. Notre marché n’a pas de frontière et n’a pas de concurrents mis à part les petits jobs étudiants sans aucune valorisation personnelle. La vague de l’économie collaborative menée par Airbnb, Blablacar ou Uber a conduit les gens à accepter ce nouveau paradigme et à refuser les monopoles. Faire appel à des étudiants pour développer son entreprise est devenu normal aujourd’hui. Tout comme partager sa voiture ou louer son appartement à des inconnus. Crème de la Crème n’aurait pas pu exister il y a 10 ans. On a su saisir le bon moment.

Quels sont les plus gros défis que tu as dû relever dans le cadre du développement de Crème de la crème ?

J’avais déjà créé une boite à l’ESSEC avant Crème de la Crème, il s’agissait d’une application pour scanner et imprimer des personnes en 3D. Donc je connaissais déjà les rudiments de la création d’entreprise et surtout la bonne gestion d’une structure professionnelle. C’est pourquoi tout est allé très vite pour Crème de la Crème. Les challenges sont plutôt devant : imposer le modèle sur chaque campus dans le monde et continuer d’avoir de la traction sur notre marché.

J’aimerais que tous les grands groupes puissent utiliser Crème de la Crème comme un réflexe. C’est compliqué car ils sont assez immobiles dans leur fonctionnement. Ils n’ont aucune marge de manœuvre, ont souvent peur du changement et mettent beaucoup de temps à accepter un nouveau service. Mais dès qu’ils l’acceptent, c’est pour longtemps. Nous sommes aujourd’hui très fiers de collaborer avec de nombreux fleurons français.

Qu’est-ce qui te pousse à te lever le matin et où puises-tu ton énergie ?

  • Mon équipe, sans hésiter : nous sommes une famille, tous soudés, et tout le monde prend beaucoup de plaisir à bosser.
  • La croissance : from scratch to the moon, ça pourrait être ma devise. Faire croître toutes mes metrics est un gros kiff comme se lever le lendemain d’un lancement au Royaume Uni et voir 150 étudiants d’Oxford inscrits. On leur a ouvert la plateforme cette semaine.

Quel est ton objectif sur le long terme ?

Un de mes objectifs personnels est de créer des boites à partir de rien et les mener très haut en un temps très court. J’ai besoin de créer des choses qui servent aux gens. J’aime regarder autour de moi et apporter des solutions aux problèmes que j’observe.

Même si Crème de la Crème marche très bien, j’aurai certainement plusieurs side projects dans les années à venir. Un nouveau projet tous les 5 ans c’est pas mal.

3 choses que tu aimes par dessus tout ?

  • J’aime la création, les gens qui créent. Elon musk m’intrigue, il réussit à trouver des solutions à des problèmes qui n’existent pas encore.
  • La natation, le surf, les sports de glisse en général. J’adore le skate et le surf depuis que je suis gosse mais je ne trouve plus beaucoup de temps pour pratiquer en ce moment, ce qui est un peu frustrant. En ce moment je fais pas mal de wakeboard.
  • Essayer de nouvelles choses, de nouveaux concepts, de nouveaux sports, de nouvelles façons de travailler. La routine m’ennuie vite.

venice beach

Une anecdote à nous partager ?

L’année dernière Clique TV a fait un article sur nous intitulé : un vrai business inspiré du film La crème de la crème. Kim Chapiron, le réalisateur du film qui travaille aussi chez Clique, s’est marré en voyant notre boite. Mais ça nous a bien fait rire nous aussi car c’est totalement faux. Nous avons tiré notre nom de l’expression “La crème de la crème” car nos étudiants font partie des meilleurs cursus. A l’époque je n’avais même pas vu le film.

Quels conseils veux-tu donner à la génération Y ?

Essayez, faites des tests, tant pis si ça se casse la gueule, vous aurez appris des choses au passage. Beaucoup veulent réfléchir pendant un an pour faire le truc parfait. Au final ils se lancent trop tard, et ça ne marche pas. Il faut essayer, se casser la gueule, itérer et persévérer.

Aujourd’hui grace à internet on peut lancer un business sans argent, alors il ne faut pas trop réfléchir et se lancer rapidement. On a monté Crème de la Crème en 48h avec une carte sim Free à 1€ et 10 lignes de codes… c’était pas sorcier. En revanche si le projet nécessite de gros investissements humains et financiers il faut s’y pencher un peu plus de temps, cela va de soit.

Mon conseil d’entrepreneur est d’essayer de se lancer une première fois avec une boite qui ne coûte rien au démarrage. On apprend tellement que le lancement de la boîte suivante prendra moitié moins de temps. Mais surtout vous vous armerez de compétences utiles pour toute votre vie.